Photo Folio Review : une étape dans un parcours de photographe

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Photo Folio Review : une étape dans un parcours de photographe

Les rendez-vous lors d’une édition précédente

A 38 ans, Alexandra Bellamy nourrit une passion déjà ancienne pour la photographie, même si ce n’est pas son métier. Jusqu’à l’année dernière, seuls ses amis et un galeriste avaient vu ses images, notamment une série sur New-York et une autre sur la Moldavie. En 2008, elle a participé au Photo Folio Review des Rencontres d’Arles pour recueillir l’avis de vingt experts sur son travail (pour en savoir plus sur le Photo Folio Review : Dans l’oeil de l’expert).
Un an plus tard, elle revient sur une expérience qu’elle a jugée intéressante et bénéfique.

LSM : Dans quel état d’esprit vous êtes-vous inscrite à ces rendez-vous ?

AB : J’avais besoin d’un retour sur mon travail et j’espérais évidemment une forme de reconnaissance. Mais mes attentes n’étaient pas démesurées car je savais très bien que je présentais des séries qui, pour moi-même, étaient inabouties. C’était une occasion unique de montrer mes images à des experts et de savoir s’ils leur trouvaient une valeur et une cohérence. J’avais conscience que cela ne pouvait pas déboucher sur une exposition ou sur un livre !

LSM : La première étape, lorsqu’on s’inscrit, c’est de sélectionner les personnes avec qui on désire prendre rendez-vous. Vous les avez choisies sur quels critères ?

AB : J’ai tenu compte de plusieurs facteurs. J’ai essayé de rencontrer des représentants de différents secteurs : des conservateurs, des galeristes, des éditeurs… Comme cela fait longtemps que je m’intéresse à la photographie, j’ai une petite connaissance du milieu. J’en ai choisi certains par affinités personnelles et d’autres en fonction de la nature de mes images. Par exemple, j’ai sélectionné un galeriste spécialisé dans les images d’Europe de l’est parce que j’avais une série sur la Moldavie… Le choix m’a pris beaucoup de temps car je m’étais inscrite pour vingt rendez-vous ! Il vaut mieux le faire le plus tôt possible, quand tous les interlocuteurs ont encore des disponibilités.

LSM : Une fois sur place, comment se déroulent les rencontres?

AB : Comme chaque rendez-vous dure vingt minutes, on va directement à l’essentiel. Il ne faut pas vouloir tout montrer, il faut centrer la rencontre sur un axe, privilégier une série… Lorsqu’on se trouve en face d’une personne qui est intéressée, cela paraît très court. En revanche, sur les vingt, il y en a deux ou trois qui n’étaient pas du tout inspirés et cela m’a paru très long ! D’une façon générale, c’est très dense, très intense, cela ressemble à chaque fois à un examen. On y va avec le trac et lorsqu’on a quatre rendez-vous dans la journée, on en ressort épuisé ! Ce qui m’a frappée , c’est que d’un interlocuteur à l’autre, il m’est arrivé d’entendre des commentaires radicalement opposés. Sur une image, quelqu’un m’a dit :  » celle-ci j’aurais aimé la faire », et une autre personne : « ça, vraiment non, je ne comprends pas ». Cela peut être déstabilisant, mais moi, ça m’a confortée dans l’idée qu’il fallait suivre ce que l’on sent et ne pas tenir compte de tous les avis. Et puis globalement, tout de même, il y a de grandes lignes qui se détachent. Tous ces experts construisent un discours sur ce qu’ils voient et vous entendez naître un langage sur vos propres images. C’est l’un des aspects vraiment intéressants.

LSM : Un an après, pouvez-vous dire si cette démarche a modifié quelque chose dans votre regard et dans votre pratique?

AB : Je ne sais pas vraiment, mais en tout cas c’est une pierre apportée à un édifice. Il n’y a pas eu de déclic particulier, il ne s’est rien passé de miraculeux, mais je sais que c’est une étape importante dans mon parcours de photographe. J’ai rencontré beaucoup de personnes qui ont manifesté de l’enthousiasme et cela m’a portée.
Les gens qui m’ont encouragée m’ont tous dit de les recontacter pour leur montrer la suite. J’ai eu de ces rencontres ce que j’en attendais : la conviction renforcée que j’avais raison de continuer !

LSM : Quels conseils donneriez-vous aux futurs participants ?

AB : D’abord, s’inscrire le plus tôt possible, quand tous les experts ont encore des disponibilités et quand on peut encore choisir ses heures de rendez-vous. Il vaut mieux les prendre le matin qu’en fin de journée, quand ils ont vu des centaines de photos et qu’ils sont eux-mêmes épuisés… Ensuite, y aller avec un travail déjà un peu construit car les commentaires peuvent difficilement s’appuyer sur quelques images éparpillées. Enfin, être conscient de l’état de ce travail et ne pas s’illusionner sur les suites éventuelles de ces rencontres.

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