Carnaval de Nice, 1956. © Izis Bidermanas
En 1951, le MoMA, le musée d'art moderne de New-york, présente cinq photographes français, appartenant tous au courant » humaniste « .
Près de soixante ans plus tard, quatre d'entre eux sont inscrits dans tous les regards et dans toutes les mémoires: Brassaï, Doisneau, Ronis et Cartier-Bresson.Le cinquième, Izis, ne s'est pas fait connaître du grand public qui a pourtant rencontré nombre de ses images en feuilletant Paris Match. Sa collaboration à ce grand journal populaire et le statut de « reporter » n'ont sans doute pas favorisé la reconnaissance de tous ses travaux personnels…
La Mairie de paris, qui a déjà organisé des événements autour de Willy Ronis et de Robert Doisneau, corrige aujourd'hui l'injustice en consacrant une grande exposition à ce grand photographe, décédé en 1980.
En Lituanie, où il est né en 1911, Izraëlis Bidermanas était apprenti photographe. Arrivé à Paris à l'âge de 19 ans, il continue dans cette voie et devient gérant d'une boutique. C'est la guerre qui va tout changer.
A Limoges, en 1944, il réalise une série de portraits de maquisards, photographiés sans artifices et sans retouches. Ces photographies constituent une vraie rupture avec son travail antérieur. L'artisan s'est mué en artiste et garde définitivement le nom d'Izis, un pseudo adopté durant l'occupation.
Quand il rentre à Paris, Izis a deux sujets de prédilection. D'un côté, les portraits d'écrivains, de l'autre, Paris, qu'il commence à parcourir et à photographier après avoir rencontré Brassaï.La littérature et la capitale seront associés dans deux de ses livres : Paris des rêves (1951), qui donne son titre à cette exposition, et Paris des poètes(1977).
A deux reprises, aussi, Izis publie des ouvrages en collaboration avec Jacques Prévert (Grand bal de printemps, 1951, Charmes de Londres, 1952).
Si les photos de Paris constituent le coeur de l'exposition – nous sommes à la mairie ! – la manifestation permet de découvrir à peu près tous les aspects de l'oeuvre :

Homme aux bulles de savon. Petticoat Lane, Middlesex street.Whitechapel, 1950. © Izis Bidermanas
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Les photographies d'Israël, où Izis se rend en 1952. De la réalité de ce pays tout jeune, il rapporte des images sublimées, tant elles sont imprégnées de poésie biblique
Le regard sur le cirque et la fête foraine, dans lequel, lui l'immigré, montre de l'empathie pour ces gens du voyage
Les clichés inspirés du peintre Marc Chagall, tout au long du chantier du plafond de l'opéra Garnier, de 1963 à 1964.
Les 20 ans de collaboration à Paris Match, enfin, où l'on constate qu'Izis jouissait d'une grande liberté, lui qui ne s'est jamais senti « reporter » et qui, plutôt que l'événement, préférait traiter ce qu'il y a autour…
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Dates : du 20 janvier au 29 mai 2010
Lieu : Hôtel de ville de Paris, salle Saint-Jean, 5 rue Lobau 75004 Paris
Horaires : de 10 H à 19 H tous les jours, sauf dimanches et fêtes
Entrée : gratuite
Informations : www.paris.fr ou tel : 3975 (prix d’un appel local depuis un poste fixe).


